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Le Petit Rhône...

Entre Occitanie & Provence

DEPUIS LE NORD D'ARLES ET JUSQU'AU PONT DE SYLVÉRÉAL, 

IL DÉLIMITE NATURELLEMENT LE GARD DES BOUCHES DU RHÔNE 

ET AINSI L'OCCITANIE DE LA PROVENCE.

 

IL PASSE PAR SAINT-GILLES, ALBARON ET LE CHÂTEAU D'AVIGNON, LE PONT DE SYLVÉRÉAL 

ET REJOINT LA MÉDITERRANÉE PAR LE GRAU D'ORGON.

 

SON TRACÉ FUT MODIFIÉ PAR LES GRANDES CRUES DU RHÔNE 

ET SES BERGES FAÇONNÉES, AVEC PLUS OU MOINS DE SUCCÈS, PAR L'HOMME DURANT DES SIÈCLES.

 

EN LE PARCOURANT, ON DÉCOUVRE DES DIZAINES D'ESPÈCES D'OISEAUX, 

UNE VÉGÉTATION QUI SE MODIFIE AU FIL DES KILOMÈTRES, DES VARIATIONS IMPORTANTES DE LARGEURS, 

DE PROFONDEURS ET DE COULEURS.

 

EN ARRIVANT EN SON EMBOUCHURE, ON CONSTATE RAPIDEMENT L'INFLUENCE DE LA MER, PAR UNE VÉGÉTATION QUI

 SE RARÉFIE, PAR SES HAUTS FONDS SABLEUX, PAR SES BERGES ACCESSIBLES AUX TAUREAUX ET AUX CHEVAUX 

ET PAR SES CABANONS DU BOUT DU MONDE

 

EN CE MATIN DU 09 JUIN,  MON COEUR BALANCE ENTRE OCCITANIE ET PROVENCE ...

Situé dans une zone anciennement occupée par les bras disparus du Rhône, le Petit Rhône peut être considéré comme un reliquat de ces tracés historiques. Deux canaux contribuent à réguler son débit : le canal de Peccaïs à Sylvéréal et le canal du Rhône à Sète. Mais sa sûreté est relative, malgré les aménagements mis en place. Le Petit Rhône est le bras Ouest du delta du Rhône. Il constitue la frontière naturelle entre les départements des Bouches-du-Rhône et du Gard (sur quelques 50 kilomètres). Le Petit Rhône quitte le lit principal du Rhône au nord d'Arles, à Fourques (Gard). Son cours méandreux l'amène 59 km en aval aux Saintes-Marie-de-la-Mer, où il rejoint la Méditerranée. 

 

Le canal de Peccaïs depuis Sylvéréal était l'ancien bras du Rhône, mais une crue exceptionnelle en 1552 en dévie le tracé et crée celui que l'on connait aujourd'hui. Ce canal dont l'entrée est marquée par une écluse (photo 1) sert de délestage en cas de débit trop important. C'est lui qui délimite ensuite en partie le Gard des Bouches du Rhône. Il passe par le fort de Peccaïs et se jette dans la mer par ce que l'on nomme "les Prises" (qui alimentent les salins d'Aigues Mortes en eau salée).

Il forme un second delta appelé "Petite Camargue" (dépt 13)

 

On traverse le Petit Rhône grâce des ponts: le vieux pont de Fourques,  le pont de Sylvéréal (photo 2) ou le bac du Sauvage (photo 3) qui transporte véhicules et chevaux. Historiquement les moyens de le traverser étaient en bois mais assez peu résistant face aux crues récurrentes, ainsi les points de passage restaient provisoires. 

 

Endiguées dès le Moyen Age, les boucles du Petit Rhône restent instables, notamment à son embouchure. Au 19e siècle les grand travaux napoléoniens tentent de remédier de façon permanente au problème mais la nature reprend régulièrement ses droits.

Les crues dévastatrices du 19ème siècle (1840, 1841, 1843 et 1856) engendrent des travaux d'endiguement qui se terminent en 1869 . (Il faut savoir que dès le 12ème siècle, l'homme n'a eu de cesse de protéger ses cultures et ses habitations des caprices fulgurants de ce bras du Rhône.

La culture du risque s'estompe peu à peu jusqu'en 1993...

 

En cette fin 1993 une brèche s'ouvre dans la digue de Figarès (lieu-dit sur la commune d'Arles en face de Saint-Gilles). Plus de 100 millions de mètres cube inondent la Camargue. Un drame écologique, économique et humain qui débouche sur un plan de lutte inondation conforté par de nouvelles crues du Rhône en 2003 qui fragilisent les édifices et submergent les rives du Gard et des Bouches du Rhône.

 

Il a été inscrit dans le réseau Natura 2000 en tant que Site d'Intérêt Communautaire (60% dans les Bouches-du-Rhône et 40% dans le Gard). 

 

En amont, par le Rhône et son affluent la Durance* il apporte chaque année plus de quatre millions de mètres cube de limons dans la Méditerranée. En aval, par la mer, l'eau salée remonte jusqu'à plus de 20 km et sur les 15 premiers, le dernier mètre est carrément de l'eau salée, créant ce que l'on nomme "un fond bleu". Les plongeurs distinguent nettement la différence de couleur entre l'eau douce chargée de limons (verte) et l'eau salée, plus dense, qui reste au fond (bleue)

L'embouchure qui relie le Petit Rhône et la mer Méditerranée s'appelle de Grau d'Orgon. Son entrée est rendue difficile d'accès par un très grand banc de sable de plusieurs centaines de mètres de long. (il faut savoir que face aux Saintes Maries de la Mer, il existe de nombreuses îles de sable, qui ont vu depuis des milliers d'années s'échouer des embarcations) La profondeur peut ici varier entre 1m et 2m en fonction des vents et des courants. Aux abords de certaines berges il n'y a que 30 cm d'eau, ne laissant qu'un chenal très étroit aux embarcations et encore faut-il qu'elles n'aient qu'un faible tirant d'eau. La navigation est ici réservée aux marins avertis !

 

Pour le reste du Petit Rhône, la profondeur peut varier de 2 à 15 m mais certaines "fosses" affichent jusqu'à 24m de profondeur. 

Sa largeur varie entre 90 et 250m.

 

Sa navigation n'est balisée que d'Arles à l'écluse de Saint-Gilles, soit 21 km. Les 38 autres km ne sont ni chenalisés ni balisés, c'est donc une zone sauvage qui nécessite, connaissance et expérience de la zone.

Phénomène rare, l'ance que vous voyez ci-dessous remonte à plus de 300 degrés avant de se retourner vers la mer.

 

En bateau (avec Le Tiki ou la Marée)vous en découvrirez ses méandres, de son embouchure jusqu'au Bac du Sauvage, pour une durée de 1h30. A moins que vous ne préfériez comme ce matin, une embarcation plus légère, en zodiac semi rigide, pour une incursion dans un monde visible, uniquement par les eaux.